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August 01

«Les francophones sont des immigrants»

 

Pour le président de la NV-A, Bart De Wever, il n'existe pas de minorité francophone en Flandre, mais seulement des « immigrants qui doivent s'adapter ».
Lire aussi l'édito de Pierre Bouillon "Bilan des médiateurs: exactement zéro" / Les médiateurs ont accouché d'une souris

Belga

 

« Je pense qu'il n'y a pas de minorité francophone en Flandre, il y a des immigrants qui doivent s'adapter. On demande cela à des Marocains, des Turcs. On ne leur dit pas : 'Vous êtes nombreux, donc l'arabe va devenir une langue officielle. C'est dingue », a déclaré M. De Wever sur les ondes de La Première (RTBF), où il répondait à des questions d'auditeurs.

 

« Nulle part dans le monde on accepte cette logique », a-t-il poursuivi, réfutant être un « homme intolérant ».

 

« Tout le monde est le bienvenu en Flandre. On peut continuer à y parler français. Tout ce qu'on demande, c'est que la langue de gestion soit le néerlandais », a encore dit le président de la NV-A, en exhortant à « arrêter le colonialisme » de Bruxelles vers la Flandre.

 

À ses yeux, la proposition flamande d'un bilinguisme général, rejetée par les francophones dans les années '20 et '30, aurait pu « sauver la Belgique comme nation ». « C'est très ironique », a-t-il ajouté.

 

Aujourd'hui toutefois, il estime que la « valeur ajoutée de la Belgique est minimale », entre la « douce évolution » qu'il dit observer aujourd'hui vers les régions d'une part, et vers l'Europe d'autre part.

 

Quant à Bruxelles, « ville historiquement flamande qu'on a francophonisée », c'est là que se trouve « l'identité belge qu'on a inventée au XIXe siècle », estime-t-il. Et « puisque c'est l'enfant de la Belgique, je pense que les deux parents doivent s'en occuper », a-t-il dit à propos de la Flandre et de la Wallonie, refusant de reconnaître la Région bruxelloise comme région à part entière.

 

(D'après Belga)

 

«Les francophones sont des immigrants» - lesoir.be

8:06 AM GMT  |  Read comments(0)

Les médiateurs ont accouché d'une souris - lesoir.be

 

François-Xavier de Donnea, Raymond Langendries et Karl-Heinz Lambertz poursuivent leur mission jusqu'en septembre. Le CD&V ne cache pas sa déception, la N-VA n'y croit plus.
Lire aussi: Les réactions des partis / L'édito : Bilan: exactement zéro

Les médiateurs ont accouché d'une souris

 

Tous les partis de l'Octopus sont d'accord sur le fait que le dialogue institutionnel qui doit mener à une grande réforme de l'Etat devrait débuter avant le début de l'année parlementaire et que toutes les entités fédérées ainsi que l'Etat fédéral devront participer à ce dialogue. » C'est en ces termes que François-Xavier de Donnea (MR), flanqué de Raymond Langendries (CDH) et de Karl-Heinz Lambertz, a fait la synthèse de leur mission de médiation qui a au moins accouché d'un nouveau terme, celui de dialogue « interinstitutionnel ». Un dialogue qui se déroule entre toutes les institutions figurant dans la Constitution belge.

 

C'est le premier acquis souligné par les trois « sages » : tous les interlocuteurs sont prêts à s'asseoir à la table pour faire aboutir une réforme de l'Etat approfondie.

 

Deuxième acquis : tous les interlocuteurs rencontrés par les médiateurs ces deux dernières semaines s'accordent aussi pour dire que toutes les entités fédérées comme l'Etat fédéral doivent être conviés à la table.

 

Troisième acquis : l'unanimité de vues sur le fait qu'un rôle substantiel doit être confié aux entités fédérées.

 

Et, enfin, tout le monde se retrouve sur la date de démarrage du dialogue, avant la rentrée parlementaire du 14 octobre.

 

Le Premier ministre a souscrit jeudi au constat des trois médiateurs selon lequel les négociations doivent se dérouler dans un cadre plus large, avec un rôle substantiel accordé aux négociateurs des entités fédérées.

 

Les médiateurs noueront des contacts discrets au mois d'août dans le seul but avoué de placer autour de la table tous les partis de l'Octopus pour démarrer le dialogue interinstitutionnel. Et les trois sages ne cachent pas leur optimisme sur leurs chances de réussite. « Nous n'envisageons pas l'hypothèse d'un échec » souligne François-Xavier de Donnea. « La prolongation de notre mission est logique. Nous ne pouvions réussir en deux semaines là où les politiques cherchent en vain une solution depuis un an. »

 

« Nous sommes des médiateurs, pas des magiciens, renchérit le ministre-président germanophone. Nous sommes là pour permettre au bateau de quitter le quai, nous n'avons pas pour mission d'indiquer la direction et les règles de vie de ceux qui vivront dans ce bateau. »

 

Le rapport intermédiaire des médiateurs a en tout cas largement déçu les attentes du parti du Premier ministre (lire ci-contre) et ulcéré leur allié nationaliste. « Il y a eu la date butoir du 15 juillet, puis celle du 31 juillet ; on nous parle désormais du mois de septembre et bientôt ce sera Noël », clame la N-VA.

 

Pour l'allié du CD&V, la coupe est pleine : comparant les quatre « acquis » des médiateurs et les garanties exigées par le cartel, les nationalistes ont tranché. « On se moque de nous. Ce qui est proposé par les médiateurs, c'est du vent, c'est ridicule » explique un des parlementaires N-VA.

 

Nouvelle et – dernière ? – menace brandie par les nationalistes flamands : sans élément nouveau d'ici le 21septembre, date de leur congrès, à Gand ils quitteront le gouvernement fédéral.

 

En attendant, le cartel a lui, survécu, à cette nouvelle date-butoir. Reste à voir, à la rentrée de septembre, ce que fera le CD&V si la N-VA exécute son ultimatum.

 

Le cartel ne voit rien venir, la N-VA menace

Les responsables du cartel CD&V/N-VA ont descendu en flammes le rapport des trois sages, moins d'une heure après qu'ils l'eurent révélé à la presse. Marianne Thyssen, présidente des démocrates chrétiens flamands et Bart De Wever, chef de file de la N-VA, regrettent que les médiateurs royaux ne soient pas parvenus à rencontrer les garanties exigées par les partis flamands pour remettre sur les rails un dialogue communautaire.

 

Le cartel flamand auquel, rappelons-le, appartient le Premier ministre, énumère ses sept exigences, préalables pour lui à toute réforme institutionnelle.

 

1. Les discussions doivent mener à une structure confédérale dont le centre de gravité doit se situer dans les entités fédérées.

 

2. Pour y parvenir, un dialogue de communauté à communauté doit être piloté par les deux ministres-présidents des deux grandes communautés linguistiques.

 

3. Les deux ministres-présidents doivent impliquer le gouvernement fédéral et les parlements dans les discussions et, d'une manière appropriée et lorsque cela concerne leurs compétences, la Région de Bruxelles-Capitale et la Communauté germanophone.

 

4. La structure du dialogue doit garantir que l'accord entre les communautés soit transposé dans la Constitution et dans les lois fédérales.

 

5. Le dialogue démarre sur un agenda ouvert.

 

6. Les accords institutionnels et financiers sont régis par les principes de respect mutuel, d'intégrité territoriale, de solidarité, de subsidiarité, d'efficacité et de responsabilisation.

 

7. La procédure parlementaire relative à la scission de l'arrondissement de Bruxelles- Hal-Vilvorde doit se poursuivre, à l'écart de toute initiative du gouvernement fédéral en la matière.

 

Dans les rangs des démocrates-chrétiens flamands, on ne cache pas sa déception face à l'absence de toute avancée. « Je ne m'attendais pas à des miracles mais, là, il n'y a rien. Les médiateurs n'ont rien apporté, ne se sont accordés sur rien, n'ont pas avancé d'un pouce, ni sur la procédure, ni sur le timing, ni sur le contenu », déplore Eric Van Rompuy, député CD&V au Parlement flamand. Qui s'interroge : « Ce gouvernement peut-il poursuivre sa route sans réforme de l'Etat à la rentrée ? » Le deuxième mardi d'octobre, nouvelle date butoir pour la majorité ? La N-VA annonce qu'elle tiendra son congrès le 21 septembre et que faute d'élément institutionnel nouveau, elle quittera la majorité.

 

D. V.

 

Les médiateurs ont accouché d'une souris - lesoir.be

7:13 AM GMT  |  Read comments(0)

July 31

Les réactions des partis - lesoir.be

 

Alors que les francophones, à l’instar du Premier ministre, prennent acte du report en septembre, le CD&V regrette cette situation et rappelle ses exigences.

 

Voici quelques réactions après l’annonce de la prolongation de la mission des médiateurs jusqu’en septembre.

 
Les médiateurs sont confiants

 

Les partis de l’Octopus sont d’accord sur le fait que le dialogue interinstitutionnel qui doit conduire à une grande réforme de l’État devrait commencer avant le début de l’année parlementaire, et toutes les entités fédérées ainsi que l’État fédéral devront participer à ce dialogue.

 

C’est ce qu’ont indiqué les trois médiateurs royaux, François-Xavier de Donnea, Raymond Langendries et Karl-Heinz Lambertz.

 

« Le travail qui nous reste à faire est essentiellement de peaufiner la structure et la méthode de travail de ce dialogue », ont-ils souligné.

 

Pendant le mois d’août, les médiateurs auront des contacts discrets et informels. Ils reprendront ensuite leur mission de façon plus structurée, ont-ils encore précisé.

 

Enfin, les trois médiateurs se sont dits optimistes quant à leur chance de réussir à faire démarrer ce dialogue interinstitutionnel. Ils ont aussi indiqué ne pas avoir l’impression que le gouvernement pourrait tomber dans les prochains jours.

 
Leterme souscrit au constat des trois médiateurs

 

Le Premier ministre Yves Leterme a fait savoir qu’il « souscrit au constat des trois médiateurs selon lequel les négociations relatives à une réforme de l’État approfondie, qui doit donner à notre pays un nouvel équilibre institutionnel, doivent se dérouler dans un cadre plus large, avec un rôle substantiel pour les négociateurs des entités fédérées ».

 

Il ajoute que « ce constat est conforme aux propositions qu’il a faites le 14 juillet ».

 
Le cartel CD&V/N-VA rappelle ses exigences

 

Le cartel CD&V/N-VA souligne que les trois médiateurs n’ont toujours pas réussi à donner aux partis flamands suffisamment de garanties. Il regrette cette situation et rappelle ses exigences qui sont au nombre de sept.

 

Le communiqué ne comporte toutefois aucune indication selon laquelle la N-VA mettrait à exécution ses menaces de ne plus soutenir le gouvernement Leterme.

 

Parmi les exigences réaffirmées par le cartel, il y a notamment le fait que la réforme de l’État doit conduire à un État confédéral où les entités fédérées ont un rôle primordial. Il réaffirme aussi que le dialogue doit être conduit par les ministres-présidents des deux grandes communautés du pays et que la procédure parlementaire sur la scission de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde doit se poursuivre. Le gouvernement fédéral ne peut prendre aucune initiative en la matière, ajoute le cartel.

 
Pour la N-VA, les jeux sont faits

 

Sortir de la majorité au milieu de l’été n’a pas beaucoup de sens, mais les membres du parti se prononceront le 21 septembre lors d’un congrès, a dit le président Bart De Wever, selon qui il y a peu de chance que les choses évoluent encore dans la bonne direction d’ici-là.

 

En réaction à la dernière évolution sur le plan politique avec la prolongation de la mission des trois médiateurs, M. De Wever constate qu’une fois de plus, il n’y a aucune avancée sur le plan communautaire. « On a d’abord donné la date du 15 juillet, puis celle du 31 juillet et maintenant la mi-septembre et bientôt on parlera de la Noël », a-t-il ironisé.

 
Le PS veut donner la priorité au socio-économique

 

Il est « impératif » de résoudre les problèmes communautaires de la Belgique par une réforme de l’État « constructive », afin que le gouvernement puisse donner la « priorité » aux questions économiques et sociales, a déclaré le président du PS, Elio Di Rupo, réagissant à la demande faite par le roi aux trois médiateurs de poursuivre leur mission.

 

Dans cette optique, le PS est « résolu à se mettre autour de la table afin de poursuivre de manière crédible un dialogue communautaire devant conduire à une nouvelle réforme de l’État », qu’il veut « constructive ».

 

Cette réforme doit améliorer la « qualité de vie de tous les Belges, en particulier des Wallons et des Bruxellois ».

 

Elio Di Rupo a par ailleurs salué le travail « rigoureux et constructif » des médiateurs, « qui a ainsi permis de poser les premiers jalons d’un dialogue interinstitutionnel ».

 
Pour Reynders, chacun doit abandonner ses tabous

 

Le vice-Premier ministre et président du MR, Didier Reynders, s’est félicité que le travail des trois médiateurs ait permis de constater qu’il y avait un consensus pour une réforme de l’État en profondeur. Il a ajouté que pour arriver à une telle réforme, Flamands et francophones doivent toutefois abandonner leurs tabous.

 

Reynders, pour qui les trois Régions doivent être représentées correctement et sur pied d’égalité dans le dialogue qui doit s’amorcer. La Communauté germanophone doit aussi y avoir sa place mais dans d’autres conditions, comme elle le demande d’ailleurs elle-même, dit-il encore.

 
Ecolo : « Une sage décision »

 

Un des co-présidents d’Ecolo, Jean-Michel Javaux, estime que le Roi a pris une sage décision en prolongeant la mission des médiateurs. Pour lui, un accord est possible si chacun est ouvert à la discussion et si certains partis ne se comportent pas comme s’ils étaient déjà en campagne électorale pour les élections régionales de juin 2009. M. Javaux insiste sur la nécessité pour le pays d’être gouverné. Car, dit-il, la rentrée sera économiquement et socialement chaude. « Il faut une réponse aux problèmes socio-économiques. On ne peut se contenter d’attendre le grand saut institutionnel ».

 

Jean-Michel Javaux, certaines des conditions posées par le cartel CD&V/N-VA sont « insupportables », comme celle relative à Bruxelles-Hal-Vilvorde ou l’« obstination » à vouloir que le dialogue interinstitutionnel soit piloté par les deux ministres-présidents Peeters et Demotte en oubliant Bruxelles. Il insiste sur le fait que dans le résultat des négociations, il faudra un équilibre global mais aussi un équilibre dans chaque paquet. « Il n’est pas question d’échanger BHV contre des compétences par exemple », dit-il.

 

La réforme ne pourra pas être concoctée uniquement par des petits cercles régionaux. Les textes mettant en oeuvre l’accord devront être votés au parlement fédéral, souligne encore le co-président des Verts.

 
Le sp.a regrette le « surplace »

 

Les socialistes flamands regrettent qu’on n’ait une fois de plus pas avancé d’un millimètre dans la discussion communautaire. « Le gouvernement fédéral ne fait rien pour faire avancer les choses », dit la présidente Caroline Gennez qui en appelle à un dialogue de Communauté à Communauté constructif. Et d’ajouter que Bruxelles doit être concernée par un tel dialogue. La présidente du sp.a est d’avis que, de report en report, les deadlines ont de moins en moins de sens. Ils sont chaque fois dépassés sans qu’on enregistre de résultats. Pour elle, si le cartel CD&V/N-VA ne « tire pas la prise », c’est uniquement parce qu’il a peur d’affronter l’électeur. Pour le sp.a, il est important d’accorder son attention au socio-économique et plus spécialement à la perte de pouvoir d’achat des citoyens.

 
L’Open Vld satisfait de la décision du Roi

 

Le chef de groupe Open Vld à la Chambre Bart Tommelein s’est dit satisfait de la décision du Roi de laisser les médiateurs poursuivre leur tâche pour permettre le démarrage d’une négociation communautaire à l’automne. « Nous avons toujours plaidé pour un dialogue dans le respect mutuel. Des déclarations matamoresques n’aident pas à faire avancer une négociation », a-t-il commenté.

 

Comme le sp.a, l’Open Vld espère que les vacances aideront chacun à retrouver ses esprits et qu’un accord sera possible à l’automne.

 
Le Vl.Pro est sceptique

 

Vl.Pro a réagi de manière sceptique à la décision du Roi de prolonger la mission des trois médiateurs jusqu’à la mi-septembre.

 

Les médiateurs « pourront de la sorte continuer à s’acquitter de leur tâche principale qu’ils accomplissent avec bravoure : veiller à ce que les leaders politiques jouissent de vacances tranquilles », ont ironisé la présidente du parti, Bettina Geysen, et le sénateur Geert Lambert.

 

La présidente du Vl. Pro a dit elle douter que les médiateurs proposeront quelque chose de concret d’ici à la mi-septembre.

 
Le Vlaams Belang dénonce la méthode suivie

 

Le Vlaams Belang constate que les médiateurs n’en sont encore nulle part et qu’il n’y a aucune garantie d’une grande réforme de l’État. Le parti d’extrême droite s’insurge contre la décision du Roi de prolonger leur mission.

 

Pour le Vlaams Belang, les trois médiateurs n’ont été désignés que pour gagner du temps, afin de reporter les problèmes communautaires après les vacances et de permettre ainsi la survie du gouvernement Leterme.

 

(D’après Belga)

 

Les réactions des partis - lesoir.be

6:18 AM GMT  |  Read comments(0)

Les sages remettent leur rapport au Roi

 

C’EST CE JEUDI À 10 HEURES QUE LES TROIS MÉDIATEURS DEVAIENT REMETTRE leur rapport au Roi. Ils s’apprêtent à voir leur mission prolongée jusqu’à la rentrée, histoire de laisser les esprits s’apaiser. Même si le CD&V et la NV-A risquent fort de remettre la pression.

 

Younes Ayad (st.) – Le Soir

 

François Xavier de Donnéa (MR), Raymond Langendries (CDH) et Karl-Heinz Lambertz (PS) seront-ils en mesure, deux semaines après avoir été désignés par le Roi pour sortir les négociations de l’impasse, d’ouvrir le prochain bal communautaire ? Et annonceront-ils, dans l’approbation générale des partis du Nord et du Sud, le prélude d’un grand pow wow institutionnel entre toutes les entités du Royaume ? Personne n’y croit. A commencer par le président de la N-VA, Bart De Wever, qui claironnait, au surlendemain de la démission d’Yves Leterme, qu’un accord était indispensable le 31 juillet, si l’on voulait éviter une crise au pays.

 

Quinze jours après leur nomination, les trois « sages » remettront donc, au Palais, en présence d’Yves Leterme, le rapport des contacts discrets tissés entre les responsables politiques francophones et flamands. Sur le fond, les difficultés sont restées identiques. Entre la volonté, au Nord, de lancer un dialogue à deux, mené par Kris Peeters, le ministre-président flamand et Rudy Demotte, son alter ego de la Communauté française, et l’exigence des francophones d’intégrer toutes les entités fédérées, y compris Bruxelles, le fossé reste béant. Les trois médiateurs sont donc priés, à la fois de faire preuve de créativité pour ne froisser aucun des deux camps et, en même temps, de donner suffisamment de garanties pour souligner que la future réforme n’accouchera pas d’une souris. Sur l’ampleur du futur chantier institutionnel, les partis francophones répètent (lire les réactions de leurs présidents ci-dessous) qu’il sera substantiel. Mais les cahiers des charges restent divergents. Pour attirer tous les convives à la table des négociations, il faudra encore laisser du temps au temps, ne fût-ce que pour déterminer le plan de table et les invités. En l’absence de Kris Peeters, en vacances en Turquie, et d’autres interlocuteurs politiques, on peut s’attendre à une prolongation du mandat du trio de « sages ».

 

La N-VA, adepte des ultimatums et chantre de l’indépendance de la Flandre, ne se contentera pas d’un catalogue de bonnes intentions. Certains lui prêtent déjà la volonté de quitter le gouvernement, en restant dans le cartel flamand, en attendant leur congrès de septembre. « Pas de commentaires. Nous réagirons après la remise du rapport au Roi, ce jeudi » se borne-t-on à souligner à la N-VA. Quant à son allié du CD&V, il a aussi prévu une réunion de ses instances ce jeudi. Une séance de musculation avant la chaude rentrée de septembre ?

 

Les sages remettent leur rapport au Roi - lesoir.be

12:22 AM GMT  |  Read comments(0)

July 29

Un Wallon sur deux se verrait bien Français

 

Selon un sondage Ifop réalisé pour Le Soir et La Voix du Nord, 49 % des Wallons sont favorables à un rattachement en cas d'éclatement du pays. Les Français y sont ouverts à 60 %.
L'édito : "Wallons, je vous ai compris !"

Un Wallon sur deux se verrait bien Français

 

Non, le rattachisme n'est pas une idée fantaisiste de quelques groupuscules francophiles. D'après le sondage réalisé par Ifop pour Le Soir et La Voix du Nord du 18 au 25 juillet dernier, 49 % des Wallons sont favorables au rattachement de leur région à la France en cas d'éclatement du pays. Un résultat en progression spectaculaire sur quelques mois : une enquête de l'UCL, réalisée entre le 10 octobre 2007 et le 15 janvier 2008, évaluait la proportion de Belges en faveur de cette issue à 29 %.

 

Et de l'autre côté de la frontière ? L'idée fait également son chemin. D'après le sondage, 60 % des Français sont favorables à cette idée. Ce sentiment est même en progression : un précédent sondage, réalisé par Ifop pour le Journal du Dimanche, indiquait, en novembre 2007, que 54 % des sondés étaient favorables au rattachement. Certes, les Français ne sont pas informés de tous les tenants et aboutissants de la situation belge, mais le rattachement ne leur paraît manifestement pas, a priori, farfelu.

 

Les Wallons sont-ils favorables à un rattachement de la Wallonie à la France ? Le rattachisme fait son chemin, 49% des Wallons sont favorables au rattachement à la France.

 

Les Wallons ne sont pas rattachistes par principe. Mais en cas de disparition du pays, ils sont 49 % à se dire favorables à une union avec la France. La proportion atteint 70 % auprès des Wallons pour qui la disparition du pays ne fait plus de doute. Ceux qui ne pronostiquent pas la fin du pays sont 39 % à pencher pour le rattachement. En un an, la proportion de Wallons favorables au rattachement a fortement augmenté. Lors d'un sondage réalisé par l'Université catholique de Louvain entre octobre 2007 et janvier 2008, ils étaient 29 %. L'enquête Ifop, réalisée pour Le Soir et La Voix du Nord au début de ce mois, indique donc une progression de 20 % de l'option du rattachement.

 

Les Français sont-ils favorables à un rattachement de la Wallonie ? Le rattachement séduit plus de Français, 60 % des Français sont ouverts à un rattachemenent avec la Wallonie.

 

La presse française s'est fait abondement l'écho des problèmes communautaires qui agitent notre pays. Est-ce pour cela que les Français sont plus favorables au rattachement, en cas d'éclatement de la Belgique ? D'après notre sondage, 60 % des Français seraient favorables à l'union. Une hausse de 6 % par rapport au sondage Ifop réalisé en novembre 2007. Le lieu de résidence des Français influe peu sur leur opinion. Dans la Région Nord – Pas-de-Calais, ils sont 64 % à se dire favorable au rattachement, contre 57 % en Ile-de-France et 61 % dans le reste du pays. Les opinions politiques ont peu d'influence : tant les sympathisants du PS que ceux de l'UMP sont 61 % à se dire ouverts au rattachement.

 

La Belgique va-t-elle disparaître ? L'avenir du pays suscite des doutes croissants, 23% des Wallons pensent que la Belgique va disparaître.

 

Les Wallons qui pensent que la Belgique va disparaître restent minoritaires. Ils sont 23 %, contre 59 % qui pensent le contraire. En revanche, les rangs des premiers s'étoffent : lors d'un précédent sondage, réalisé par l'Université catholique de Louvain entre octobre 2007 et janvier 2008, les personnes qui croyaient en la disparition du pays étaient seulement 16 %. Ce qui frappe, c'est le nombre d'indécis : ils sont 18 %, contre 6 % dans le précédent sondage, ce qui prouve que le doute s'installe. Les plus jeunes sont les plus nombreux à croire à la fin du pays – 30 % –, contre 20 % chez les 50 ans et plus. Les aînés sont pourtant les plus enclins à estimer que la crise politique actuelle est très grave.

 

La crise actuelle est-elle grave ? Les aînés sont plus inquiets. 93 % des Wallons pensent que la crise actuelle est grave.

 

Les Wallons sont unanimes : la crise que traverse la Belgique est grave. Ils sont 93 % à le penser. Pour 49 % des sondés, la crise est même très grave, et pour 44 %, elle est assez grave. Plus les Belges sont âgés, plus ils sont inquiets : à la question de savoir si la crise est très grave, 56 % des plus de 50 ans répondent par l'affirmative. Le jugement est plus mesuré chez les jeunes : ils sont 40 % à penser que la crise est très grave. Entre les deux, les 35 à 49 ans sont plus sereins : ils pensent, à 45 % que la crise est très grave. Les plus inquiets sont les habitants de la province de Liège : ils sont 94 % à juger que la situation est grave. Les plus « zen » sont les Luxembourgeois, qui sont 86 % à penser que la crise est grave.

 

Un Wallon sur deux se verrait bien Français - lesoir.be

 

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July 18

Cela sent déjà le roussi

 

LE RETOUR DE LETERME à la tête du gouvernement ne résout rien et n'a pas ramené la sérénité. La sortie de crise divise Flamands et francophones. La N-VA impose un ultimatum pour le 31 juillet. Le CD&V embraie.

Chat avec Didier Reynders au « Soir » / La déclaration socio-économique dans son intégralité / L'édito de Luc Delfosse : "Leterme bis et les morts vivants"

 

Belga

 

Il fallait s'y attendre. La remise en selle du gouvernement Leterme par le roi Albert II et la désignation de trois émissaires institutionnels – MM. De Donnea, Langendries et Lambertz – n'a pas ramené la sérénité sur la scène politique. C'est dit : le 21 juillet se déroulera dans un climat particulier de crise.

 

Les 7 novembre, 20 mars, 15 juillet… Depuis treize mois, la Belgique tremble, d'ultimatum en ultimatum… De plus en plus rapprochés. À peine libéré de l'échéance du 15 juillet, Yves Leterme est coincé par un nouveau « deadline » : le 31 juillet. Pourtant, avec la mission confiée aux Donnea, Langendries et Lambertz, on croyait que les présidents de parti et le Roi, coauteurs de ce scénario, avaient acheté un peu de répit. Au moins de quoi permettre au gouvernement de fonctionner, puisque reconduit pleinement (et non pas sur les seuls dossiers socio-économiques) et partiellement libéré de la réforme de l'Etat. Et aux négociateurs de tous rangs de prendre quelques jours de repos.

 

Ubuesque aux yeux de beaucoup, la formule des trois médiateurs avait donc un mérite : sortir de la crise (la repousser ?), vraisemblablement jusqu'à la rentrée. Un doute, quand même : comment le cartel allait-il avaler ça, alors que, quelques heures auparavant, il refusait toute idée de report ? En fait, il ne l'accepte guère. La preuve par la présidente du CD&V, Marianne Thyssen, qui n'a pas hésité à donner une interprétation toute personnelle du communiqué du Palais. Pour elle, le gouvernement doit se montrer « un peu réservé » et se borner à assurer l'indispensable : « Il est important qu'il ne fasse pas tout ce qui est constitutionnellement dans ses pouvoirs ».

 

Une sorte d'affaires courantes qui ne disent pas leur nom… Fureur côté francophone : Didier Reynders, président du MR, n'a pas manqué de rappeler que, pour lui, le gouvernement peut fonctionner normalement. Réponse cinglante à Thyssen.

 
Un agenda pour la semaine prochaine

 

À la table du comité ministériel restreint, convoqué vendredi soir, la tension était palpable. Même si Yves Leterme et ses vice-Premiers ont réussi à s'accorder sur l'agenda de la semaine prochaine. Il y aura deux réunions du conseil des ministres, mardi et vendredi. « À l'ordre du jour de mardi, les points reportés du 18 juillet. Aucun n'a été supprimé. On peut donc partir du principe que le gouvernement fonctionne normalement », souligne-t-on dans un cabinet.

 

À la nuance près que, pour être adopté, un point doit l'être à l'unanimité. Et que pour ralentir, voire paralyser, l'action gouvernementale, il suffit donc d'une voix. Cette querelle politique sur le statut actuel du gouvernement irrite l'opposition. Ecolo entend interpeller dès mardi sur le sujet.

 
Le NV-A accroît la tension

 

Pendant ce temps, Bart De Wever accroît la tension. Le président de la N-VA réclame « des résultats » pour le 31 juillet. Un ultimatum ? « C'est le roi lui-même qui parle d'un ultimatum dans son communiqué. Qui suis-je pour contredire le Roi ? », feint-il, prenant prétexte du communiqué du Palais qui attend un rapport des médiateurs à la fin du mois. Bart De Wever exige aussi des garanties de réussite institutionnelle. Lesquelles ? « Dans un accord sur la procédure, la N-VA veut qu'on laisse ouverte la possibilité d'un vote au Parlement sur la scission de BHV » (comprenez : Nord contre Sud).

 

Pour ceux qui n'auraient pas compris, De Wever met les points sur les « i » : « C'est la dernière chance. Les francophones devront nous dire comment ils voient les choses. Soit nous marquerons notre accord, soit c'en sera fini. S'il n'y a pas d'accord, la majorité ne pourra continuer. » Et la N-VA « sera un parti d'opposition ». À la Région flamande aussi. Avec les conséquences que l'on imagine pour le cartel…

 

Revoici donc l'ultimatum, assorti d'une « évaluation » (on se croirait le soir du 14 juillet…) qui sera effectuée, Bart De Wever l'assure, « main dans la main par le CD&V et la N-VA ». Il ira jusqu'à dire que la réunion du groupe parlementaire CD&V/N-VA, vendredi après-midi, en présence d'Yves Leterme, a validé ce scénario de l'ultimatum.

 

Et ce ne sont pas les propos, à la VRT, de l'un des trois médiateurs, Karl-Heinz Lambertz, qui vont calmer le jeu. À peine nommé, le ministre-président germanophone juge en effet « très difficile d'obtenir une vraie réforme de l'Etat avant les élections régionales de 2009 »… Alors que le cartel refuse d'aller « nu » au scrutin. Pas très futé…

 

Il n'est pas le seul à avoir crispé au Nord. Didier Reynders aussi, en glissant : « Si le rapport du 31 juillet est définitif, la négociation pourra commencer à la rentrée. Sinon, les médiateurs devront éventuellement poursuivre leur mission. » Le président du MR n'a pas l'intention de négocier en août : « Je serai disponible jusqu'au 31 juillet. » Ensuite, vacances… Revoilà donc Leterme sous forte pression. Au point que, s'il imaginait se rendre au Parlement, pour y lire une déclaration – le programme socio-économique pluriannuel (cf. page 6) n'a pas encore été présenté aux élus –, il a finalement décidé, en kern, d'y renoncer. Car sans déclaration, pas de vote de confiance. Or, le Premier ministre craint que tous les membres de sa majorité (cartel en tête) ne lui accordent pas cette confiance…

 

L'opposition, elle, est furieuse. Tant pis : mercredi, à la Chambre, Leterme se contentera de répondre aux interpellations.

 

Symbolique du climat actuel. Comme le résume un ténor : « En fait, c'est foutu… »

 

Cela sent déjà le roussi - lesoir.be

11:18 PM GMT  |  Read comments(0)

July 17

Leterme déjà relancé par le Roi - lesoir.be

 

Le Roi a refusé la démission du gouvernement. Yves Leterme est confirmé comme Premier ministre. Des médiateurs sont nommés pour trouver des « garanties » sur l'institutionnel : De Donnea, Langendries et Lambertz au chevet de la réforme. Un étonnant scénario de sortie de crise.
Lire aussi le commentaire de Luc Delfosse, rédacteur en chef adjoint: "Drôle de sketch au palais"

 

Leterme déjà relancé par le Roi

 

Le communiqué du Palais est tombé à 22h49, mettant provisoirement fin à la nouvelle crise née de la démission d'Yves Leterme lundi soir : trois émissaires royaux sont nommés pour « examiner de quelle manière des garanties peuvent être offertes pour entamer d'une manière crédible un dialogue institutionnel ». Ils ont deux petites semaines pour faire rapport au Roi. A noter : tous trois sont francophones, dans un parfait équilibre géographique et politique.

 

Il y a le Bruxellois François-Xavier de Donnea (MR), le Wallon Raymond Langendries (CDH) et le germanophone Karl-Heinz Lambertz (PS). Pourquoi uniquement des francophones ? Manifestement parce que le CD&V – qui a livré en un an un médiateur (Dehaene), un explorateur (Van Rompuy) et le formateur-Premier Leterme – a renvoyé la balle au Sud : aux francophones de prendre l'initiative, a-t-il décrété.

 

Deuxième élément clef du communiqué du Palais : « Le Roi a refusé la démission du gouvernement et a demandé au gouvernement de promouvoir au maximum les chances de ce dialogue ». Yves Leterme, dont la démission était tenue en suspens depuis la nuit de lundi à mardi, retourne donc au 16, rue de la Loi. Pas pour se limiter aux dossiers socio-économiques, comme le scénario en a circulé jeudi : aussi pour contribuer à la réussite du dialogue institutionnel, devant aboutir à une réforme de l'Etat.

 

Voilà qui répond certainement à une autre demande du CD&V : ne pas voir son champion écarté du chantier institutionnel, cheval de bataille de son cartel avec la N-VA. Mais on peut, aussi, y voir une demande francophone de ne pas laisser le dossier aux mains des seules entités fédérées, puisque l'idée d'un dialogue entre Communautés garde la cote. Le fédéral reste ainsi officiellement dans la « course ».

 

On relèvera, enfin, quelques adjectifs et expressions dans la prose royale, qui répondent encore aux revendications du CD&V. Lequel, de plus en plus méfiant vis-à-vis des francophones, réclamait des garanties de réussite et des engagements quant à l'aboutissement du dialogue institutionnel. Le Roi cite dès lors littéralement le mot « garanties », parle d'entamer le dialogue « d'une manière crédible », et demande au gouvernement d'optimaliser « au maximum » les chances de réussite. Le fait de demander aux trois émissaires de faire rapport à la fin du mois donne, par ailleurs, un début de calendrier, et non l'impression de s'éterniser. Le CD&V ayant la hantise de l'éternel report du débat.

 

Des questions demeurent cependant.

 

Pourquoi le CD&V accepte-t-il ce scénario de sortie de crise… qui ressemble beaucoup à ceux évoqués depuis l'été 2007 et à l'automne (on parlait alors de gouvernement socio-économique et de comité des sages), rejetés par le cartel ?

 

La N-VA, d'ailleurs, suivra-t-elle ou mettra-t-elle le cartel en péril ? Car si Yves Leterme a imaginé un instant le sacrifier pour sauver son gouvernement, il n'en est, nous disait-on jeudi, plus du tout question. CD&V et N-VA iront ensemble aux élections régionales de juin 2009.

 

Enfin, ce scénario de sortie de crise est-il crédible ? Deux au moins des trois missi dominici royaux, sauf leur respect, sont perçus comme de vieux belgicains en Flandre, et ne feront sans doute pas sourire… Rappelons que le duo Langendries-De Croo avait été rejeté en aoüt 2007 par Leterme lui-même.

 

Certains le disent d'ailleurs ouvertement : « On joue la montre. On va négocier quelques mois ; ça ne fonctionnera pas, et il y aura une nouvelle crise. A temps pour tomber et aller aux élections en juin 2009. »

 

Il n'y a pas à dire : l'optimisme est toujours de rigueur. Mais le Roi, lui, peut enregistrer plus sereinement son discours du 21 juillet, ce vendredi…

 

Leterme déjà relancé par le Roi - lesoir.be

6:49 PM GMT  |  Read comments(0)

July 14

Yves Leterme a démissionné - LaLibre.be

Pour la troisième fois, Yves Leterme échoue et présente sa démission au Roi. Le chef de l’Etat peut l’accepter, la refuser ou s’accorder un délai. Leterme avait proposé d’associer les Régions aux négociations institutionnelles. Toutes les analyses ce mardi dans La Libre Belgique

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Coup de théâtre, lundi vers 22 heures 30 ! Alors que tout le monde était persuadé que le Premier ministre, Yves Leterme, allait pouvoir passer entre les gouttes de l’orage politique et que tous les partis de la coalition, y compris le sien, allaient accepter sa nouvelle proposition d’associer les Régions et les Communautés à la prochaine réforme de l’Etat, Yves Leterme, est allé présenter sa démission et la démission de son gouvernement au Roi ! Incroyable...

1. Comment en est-on arrivé là ? Le Premier ministre, Yves Leterme, devait donc venir ce mardi à 15 heures, lire à la Chambre, puis au Sénat, une déclaration dans laquelle il devait baliser le travail gouvernemental. Son exposé devait comprendre trois chapitres. L’un sur l’ajustement du budget 2008 qui est en équilibre. Le deuxième sur le programme pluriannuel social et fiscal où il devait vanter les mérites des accords qui, effectivement, dépassaient les attentes et les espoirs. Mais voilà, on savait très bien que le troisième chapitre, celui consacré aux réformes institutionnelles, serait le plus faible, le plus light alors que son parti, le CD&V et son allié au sein du cartel flamand, la N-VA, avaient placé la barre très haut, exigeant une grande réforme de l’Etat (transferts de compétences et scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde). N’ayant pu concrétiser un accord sur ce troisième point, Yves Leterme avait joué les fins stratèges et proposé d’associer les entités fédérées aux prochaines discussions institutionnelles, selon des modalités encore à définir. C’était en quelque sorte la botte secrète d’Yves Leterme aux prises avec les plus durs de son parti. Un parti qui, depuis des jours et hier encore, hésitait fortement à lui accorder son soutien.

2. Pourquoi une telle stratégie?
Pour comprendre comment on en est arrivé là, il faut avoir à l’esprit la rivalité “hallucinante” (selon les termes d’un négociateur francophone) qui est apparue ces derniers jours entre le Premier ministre, Yves Leterme, et son successeur au gouvernement flamand, Kris Peeters. Car une fois de plus, c’est au sein du CD&V que se trouvait le problème et c’est aussi là que devait être trouvée la solution. Yves Leterme avait très mal pris – on peut le comprendre – le chantage exercé par le chef du gouvernement flamand, qui avait subordonné l’octroi des 400 millions que son gouvernement devait verser au budget fédéral à la conclusion d’un accord institutionnel. Depuis quelques jours, Kris Peeters, par des gesticulations faciles, se prenait pour la conscience flamande et rappelait sans arrêt Leterme à ses engagements. Sachant que son parti, le CD&V, pouvait être capable – le passé l’a prouvé – de mettre son leader à mort sur le plan politique en quelques heures, Yves Leterme avait donc choisi de se protéger, d’envoyer Kris Peeters dans la fosse aux lions en lui proposant de lui confier la responsabilité de la réforme. C’était plutôt bien joué. Mais dans la soirée, les choses se sont gâtées.

3. Qui devait négocier finalement ? En fait, il avait été prévu que chaque Communauté constitue elle-même sa délégation. Kris Peeters devait être le chef de délégation flamande, laquelle devrait comprendre tous les partis démocratiques flamands (retour donc, avec Frank Vandenbroucke, du SP.A dans la négociation). Chez les francophones, le chef de délégation devait être Didier Reynders, entouré de Rudy Demotte et de Charles Picqué. Dans un premier temps, il semble que la direction des opérations prise par Didier Reynders ait indisposé Kris Peeters qui n’appréciait pas de se retrouver face à un “fédéral”. Rudy Demotte voyait, lui, d’un mauvais œil de se voir ainsi couvert par une “belle-mère”, libérale de surcroît. Mais au cours de la journée, les choses s’étaient arrangées et l’entretien entre Yves Leterme d’une part, Rudy Demotte et Charles Picqué, en début de soirée, s’était plutôt bien déroulé.

4. Comment amadouer le CD&V? Restait évidemment à convaincre les plus réticents du CD&V qui avaient prévenu: si pas de réforme de l’Etat, pas de déclaration. Et en l’absence de déclaration, on voyait mal le Premier ministre poursuivre sa route. Mais une fois encore, les choses semblaient s’arranger. La réunion à hauts risques que le CD&V avait programmée pour le début de la soirée, vers 20 heures 30, était finalement annulée. Et le gouvernement flamand, réuni sous la présidence de Kris Peeters, décidait.…de ne pas décider et reportait sa décision à demain. Quant à la N-VA, elle choisissait d’attendre elle aussi. Pour donner des gages au plus extrémistes de son parti, Kris Peeters, tout content du nouvel honneur qui lui était fait (”c’est un moment historique” avait-il déclaré) affirmait tout de go que la non-nomination des 3 bourgmestres de la périphérie é tait un dossier “clos”. Mais visiblement, le malaise subsistait au sein même du parti du Premier ministre. Et certains parlementaires émettaient des doutes quant à la volonté des francophones de négocier vraiment une réforme de l’Etat: “Ce qu’Yves Leterme n’a pu obtenir des francophones, pourquoi Kris Peeters y arriverait-il? ” se demandait un élu du Parlement flamand qui ajoutait: “Pour qu’une réforme de l’Etat soit lancée et aboutisse à des résultats concrets, il faut qu’elle soit liée à la survie d’un gouvernement. Sinon, ce ne sont que des palabres sans lendemain.” ’est donc cette tendance-là qui l’a emporté.

5 Comment réagissent les autres? Yves Leterme, coincé, a estimé qu’il n’avait pas d’autre choix que d’aller présenter sa démission au Roi, non sans en avoir informé ses vice-Premiers ministres. Didier Reynders s’est dit désolé que tout le travail socio-économique engrangé soit mis en péril. “C’est d’autant plus regrettable que les francophones avaient accepté de souscrire à un nouveau dialogue de Communauté à Communauté et que j’avais moi-même accepté de présider avec le ministre-président flamand”. Le président du PS, Elio Di Rupo, a rappelé que la volonté du PS était que les mesures décidées par le gouvernement soient une réalité le plus vite possible pour les citoyens. Le PS regrette que le Premier ministre ait cru devoir remettre sa démission au Roi à un moment où le PS avait le sentiment que la poursuite des négociations institutionnelles pouvait se réaliser dans un contexte constructif et positif.

6 Que va-t-il se passer à présent? La balle est entre les mains du Roi. On peut penser que le Roi n’acceptera pas immédiatement la démission d’Yves Leterme. Sans doute demandera-t-il un délai de réflexion, le temps de consulter les présidents de parti. Il peut aussi demander à Yves Leterme de tenter un ultime effort. C’est peut-être la nouvelle stratégie d’Yves Leterme : dramatiser pour mieux obtenir des francophones et des Flamands une certaine décrispation. Le pire serait sans doute un retour anticipé aux urnes qui jetterait les citoyens dans une profonde perplexité.

 

Analyse Francis van de woestyne

 

Source

11:48 PM GMT  |  Read comments(0)

Leterme a présenté sa démission au Roi - lesoir.be

Yves Leterme s’est rendu au Palais pour présenter sa démission au Roi. Herman Van Rompuy, Jo Vandeurzen et Didier Reynders s’y sont également présentés. Le Premier se heurte au cartel CD&V/N-VA, qui malmène ses propositions sur de nouvelles négociations Nord-Sud.

Leterme a présenté sa démission au Roi

 

Le porte-parole d’Yves Leterme a signalé dans la nuit de lundi à mardi vers 1 heure 15 qu’Yves Leterme était toujours au Château de Laeken. Le président de la Chambre, Herman Van Rompuy (CD&V), qui avait aussi été appelé a déjà quitté le Château de Laeken alors que Jo Vandeurzen (CD&V) y est toujours et que Didier Reynders (MR) y est attendu. On suppose que ces deux derniers sont appelés en consultation en tant que ministres des Réformes institutionnelles.

 

Lundi soir, après 22 heures, à la veille de sa « déclaration » au parlement fédéral, prévue ce mardi à 15 heures, on apprenait que le Premier ministre se rendait chez le Roi pour lui remettre sa démission. Une mauvaise pièce comme la scène politique nous y a habitués depuis les élections législatives du 10 juin 2007, qui ont généré une instabilité presque sans fin.

 

Le sort d’Yves Leterme était lié à une note de quinze pages dont quatorze consacrées au socio-économique (nous en avons rendu compte largement hier), et… une sur le communautaire, celle que nous reproduisons ci-contre (grâce à un « vent favorable »), qui fut transmise par le Premier ministre aux négociateurs peu après minuit lundi matin, avant de se quitter, à sa résidence du Lambermont, à Bruxelles.

 

L’accord sur le socio-économique, conclu samedi, avait conforté le Premier ministre, resserrant la majorité autour de lui… Croyait-on. Cela restait insuffisant.

 

Toute la journée, hier, le suspense a tourné autour du sort qu’allaient connaître ses propositions dans le domaine institutionnel, qui consistaient essentiellement à prolonger les négociations Nord-Sud en impliquant à l’avenir les Régions et les Communautés. Une formule, entre l’encommissionnement et la relance du dialogue, dont les Francophones s’accommodaient aisément. Mais qui laissait les partis flamands sur leur faim, celle d’une réforme de l’Etat d’envergure, avec, en sus, la scission de BHV.

 

Ces propositions d’Yves Leterme ? D’abord acter le fait que deux mois de négociations (depuis le 1er paquet) n’avaient pas permis de dégager le moindre début d’accord. Ni sur BHV. Ni sur les transferts de compétences. Ni même sur la révision de la loi de financement. Ensuite, s’engager sur un nouveau calendrier. Rendez-vous à la rentrée. Pour entamer de vraies discussions. Enfin, dégager une nouvelle formule de négociations, pour éloigner du gouvernement fédéral les tensions communautaires mais, surtout, associer les Régions, en particulier Kris Peeters, très critique, ces derniers temps, sur la situation au fédéral, et qui n’épargnait pas le Premier ministre.

 
Une nouvelle formule de négociation

 

Concrètement, Yves Leterme proposait de constituer un nouveau groupe de pilotage, dit « bureau », composé de six personnes, placé sous la présidence de Kris Peeters et Didier Reynders. Le tandem devait être flanqué de quatre vice-présidents : les ministres-présidents wallon (Rudy Demotte, PS) et bruxellois (Charles Picqué, PS) ainsi que l’autre ministre des Réformes institutionnelles (Jo Vandeurzen, CD&V) et Guy Vanhengel (ministre bruxellois VLD). Le groupe étant constitué, au total, de vingt-deux personnes (présidents et vice-présidents compris), selon la parité linguistique.

 

C’est peu dire que cette proposition fut reçue différemment au Nord et au Sud.

 

Elle obtenait l’adhésion des francophones – qui se sont toutefois battus, plusieurs heures, lundi, pour faire admettre à la table Charles Picqué. En revanche, le Nord a plongé en plein psychodrame. Sur un élément symbolique d’abord : vu de Flandre, le dialogue de communauté à communauté se tient à deux (sans Picqué donc…) mais aussi sans la tutelle du fédéral, donc sans Reynders. Pourtant, en début de soirée, recevant Demotte et Picqué pour les convier à participer à la démarche, Leterme avait tranché : pour lui, c’était Peeters et Reynders. Quelques minutes plus tard, Kris Peeters redisait, au micro de la VRT, son « étonnement » de voir un fédéral hissé comme cela dans un dialogue entre entités fédérées…

 
Crise de conscience politique au nord

 

Mais, plus fondamentalement, la formule imaginée par Yves Leterme a provoqué lundi une brutale crise de conscience politique au nord : dire « oui » à ses propositions et lui permettre de poursuivre ? Dire « non » et risquer de faire tomber le gouvernement fédéral ?

 

La question a agité la Flandre tous azimuts : le gouvernement régional, le SP.A, le CD&V bien sûr, la N-VA évidemment, qui avait convoqué ses troupes lundi après 20 heures, en Bureau politique, pour dire tout le mal du monde de l’option de Leterme…

 

Le Premier ministre n’aura pas résisté à ce chaos dans le camp flamand, et tout particulièrement dans sa propre formation politique. On pense notamment aux dissensions avec Kris Peeters, son successeur à la ministre-présidence au nord, qui, à plusieurs reprises ces dernières semaines, avait réclamé un accord sur BHV et sur la réforme de l’Etat pour le 15 juillet, menaçant d’une crise majeure, déstabilisant ainsi le locataire du « seize », son compère CD&V. Qui se sera « accroché » tant et plus…

 

Tard dans l’après-midi, en effet, son porte-parole nous affirmait hier que le calendrier initial était maintenu : conseil des ministres ce mardi matin, déclaration au parlement à 15 heures… Entre-temps, une nouvelle réunion de l’Heptapus (Leterme + les présidents de la majorité + les représentants des verts), prévue à 20 heures, avait été annulée… Alors qu’une autre, en comité restreint, se tenait, à l’écart, entre chrétiens-démocrates flamands, orageuse, à l’issue de laquelle Yves Leterme décidait de se rendre chez le Roi. Peut-être pour forcer le destin…

 

En attendant, l’appel des partis francophones au sens des responsabilités aura claqué dans le vide. Didier Reynders a fait savoir hier soir qu’une réunion entre francophones se tiendra ce mardi après-midi, déplorant au passage que l’accord socio-économique de samedi, applaudi par tous, puisse faire les frais de la crise.

 

Le cartel Cd&V/N-VA est en ébullition. La Flandre se radicalise. Et le paysage politique fédéral tout entier, le pays, encaissent, et en souffrent.

 

DAVID COPPI ET VERONIQUE LAMQUIN

 

Leterme a présenté sa démission au Roi - lesoir.be

 



8:51 PM GMT  |  Read comments(0)

Un francophone sur trois veut devenir Français si la Belgique disparaît !

 

 

C'est le chiffre surprenant ressorti d'un sondage Belga Ivox réalisé pour RTL auprès de 1000 francophones, entre le 11 et le 13 juillet dernier. Toutefois, à la veille d'un discours très attendu du Premier ministre Yves Leterme au Parlement (retransmis en direct sur RTLInfo.be), le sondage révèle qu'une écrasante majorité (80%) de francophones estime qu'ils peuvent encore vivre avec les Flamands dans un même état. Mais dans quel état? C'est ce que cherchent à déterminer actuellement les négociateurs de l'Heptapus. Mais est-ce à eux seuls à le faire? Non selon trois francophones sur quatre qui souhaiteraient un référendum sur l'avenir du pays.

 

La crise, qui dure désormais depuis plus d'un an, ne semble pas sur le point de s'arrêter. Qui est responsable? Plus d'un sondé sur trois ne voient pas un parti francophone plus particulièrement responsable qu'un autre. Par contre, plus d'un sondé sur deux estiment que le cartel CD&V / N-VA est le plus à la base de la tempête actuelle parmi les partis flamands.

 

Et quel parti pourra nous sortir de cette crise? Ben... Un sondé sur trois ne sait pas... Et pour ceux qui savent, c'est le MR qui arrive en tête suivi du PS. Et si un parti flamand pouvait résoudre la crise communautaire? Là c'est carrément un francophone sur deux qui ne sait pas, selon le sondage.

 

Mais l'info étonnante de ce sondage est qu'un francophone sur trois serait prêt à devenir français si la Belgique disparaissait. Un chiffre étonnant qui sort alors que la France célèbre sa fête nationale. Leterme aurait-il été un précurseur en fredonnant la Marseillaise voici un an?

 

LES RESULTATS DU SONDAGE

 

Souhaitez-vous une consultation populaire sur l’avenir du pays ?
Oui : 75,5%
Non : 16,2%
Je ne sais pas : 8,2%

 

Francophones et Flamands peuvent-ils encore vivre ensemble dans un même état ?
Oui 80,8%
Non 10,9%
Je ne sais pas 8,4%

 

Si la Belgique disparaissait, voudriez-vous devenir français?
Oui 31,6%
Je ne sais pas 9,5%
Non 58,9%

 

Quel parti francophone est le plus à la base de la crise communautaire ?
Je ne sais pas 36,5%
MR 16,8%
FDF 16,2%
PS 16,3%
CdH 13,3%
Ecolo 1%

 

Quel parti néerlandophone est le plus à la base de la crise communautaire ?
N-VA 34,3%
CD&V 20,3%
Je ne sais pas 18,2%
Vlaams Belang 17,5%
Open VLD 4,7%, Liste De Decker 3,4%, SP.A 0,7% et Groen! 0,4%

 

Quel parti francophone est selon-vous le mieux placé pour résoudre la crise communautaire ?
Je ne sais pas 29%
MR 26,4%
PS 20,1%
CdH 14,5%
Ecolo 8,4%
FDF 1,6%

 

Quel parti néerlandophone est selon-vous le mieux placé pour résoudre la crise communautaire ?
Je ne sais pas 47,7%
Open VLD 22,8%
CD&V 11,3%
Les autres partis sont sous 1%

 

RTL Info -- Un francophone sur trois veut devenir Français si la Belgique disparaît !

10:57 AM GMT  |  Read comments(0)

BHV, Pourquoi ce n'est pas si facile?

 


Nombreux sont les citoyens qui se demandent pourquoi les responsables politiques passent tant de temps sur BHV, alors qu’il y a tant de réalités à affronter : pouvoir d’achat, coût de la vie, inégalité croissante entre les revenus, pauvreté en progression, crise économique occidentale voire récession, etc.


Certaines personnes disent « il faut résister ». D’autres se demandent pourquoi ne pas laisser les Flamands scinder BHV. Il est à craindre que sans une explication pédagogique, BHV se résume à un symbole d’une discorde. Alors qu’il s’agit de ne pas hypothéquer les espaces géographiques de vie que les Wallons et les Bruxellois voient pour nos enfants et leurs descendants.

 

Ces espaces peuvent être notre pays comme aujourd’hui. Mais si la Flandre veut continuer à cheminer vers son indépendance, il est normal que les Francophones dessinent également leur avenir. Une fédération « Wallonie-Bruxelles »

 

Parmi les nombreux scénarios possibles (Wallonie seule, Bruxelles Capitale internationale, Wallonie rattachée à la France …), il y a aussi l’alliance de la Wallonie et de Bruxelles, que certains pourraient appeler la Fédération Wallonie-Bruxelles.

 

Bruxelles et la Wallonie, en pleine relance économique, représentent un PIB par habitant exprimé en standard de pouvoir d’achat qui s’élève à 27.500. Celui de la Flandre à 27.000. Ensemble, une fédération qui réunirait Bruxelles et la Wallonie se placerait au 25e rang des 97 Régions d’Europe, juste au-dessus de la Flandre qui occuperait alors la 26ème place.

 

Ensemble, Wallonie et Bruxelles comptent 4,4 millions de citoyens dont deux minorités : les Germanophones au nombre de 75.000, déjà dotés d’un gouvernement et d’un parlement propre, et 100.000 Flamands qui pourraient bénéficier du même traitement.

 

Ces données illustrent l’importance d’une relation forte entre Bruxelles et la Wallonie, sous forme de fédération ou autre. Avec 4,4 millions d’habitants, Bruxelles et la Wallonie ensemble seraient comparables à l’Irlande (4,3 millions d’habitants) ou à la Norvège (4,7 millions d’habitants).

 


Un peu d’histoire

 

L’arrondissement BHV existe certainement depuis 1847 (l’arrondissement s’appelait arrondissement de Bruxelles) et vraisemblablement depuis les premières élections du pays.

 

En 1932, le gouvernement de l’époque décide de tracer la première frontière linguistique. Il impose dans les administrations l’utilisation du flamand en Flandre, du français en Wallonie et des deux langues à Bruxelles, alors composée de 16 communes.

 

Malgré la frontière linguistique, BHV a été préservé comme arrondissement. Il constituait et constitue toujours un ciment important de notre pays. BHV reliait et relie toujours Bruxelles à la Wallonie, malgré la partie au sud de Bruxelles attribuée à la Flandre. Les Francophones qui résident ou qui vont résider dans le pourtour de Bruxelles (Hal-Vilvorde) bénéficient alors de droits fondamentaux :
1. Droit d’être jugé par des magistrats francophones ; 2. droit de voter pour des candidats qui se présentent sur des listes communes à Bruxelles et à Hal-Vilvorde. Le droit électoral s’exerce non seulement pour élire les députés à la Chambre, mais également pour le Sénat et le Parlement européen.

 

Ces droits limitent la portée stratégique de la frontière linguistique. Bien que certains Francophones habitent en Flandre, ils ont des droits en tant que Francophones ; ce qui les relie directement à Bruxelles et à la Wallonie.

 

En 2002, à la demande des Flamands du gouvernement, les arrondissements électoraux pour la Chambre des Représentants furent modifiés. Ils épousèrent les contours des provinces, sauf pour Leuven et BHV qui, encore et toujours, fut maintenu comme arrondissement et ciment de notre pays.

 

La Cour constitutionnelle, dans l’un de ses arrêts, a jugé qu’il n’était pas constitutionnel de faire correspondre tous les arrondissements aux provinces et de faire une exception pour Leuven et BHV. Elle a demandé au législateur de trouver une solution pour remédier à cette anomalie.

 

Mais jamais la Cour n’a exigé de scinder BHV. Les Parlementaires francophones ont dès lors formulé plusieurs propositions, notamment pour revenir à la situation d’avant 2002, éliminant ainsi tout problème. Malheureusement, la majorité flamande du Parlement ne l’a pas accepté.

 

Rappelons que sur les 150 Députés fédéraux, 88 sont flamands et seuls 62 sont francophones !


 

Un pont essentiel entre la Wallonie et Bruxelles

 

Les Francophones qui résident dans les 6 communes à facilités autour de Bruxelles ont le droit de recevoir tous les documents administratifs dans leur langue et de traiter en français avec leur administration communale. Ces droits s’exercent malgré l’existence de la frontière linguistique. Ils constituent des « ponts entre la Wallonie et Bruxelles », qui enjambent la frontière linguistique.

 


Il faut savoir qu’en droit international public, comme l’a indiqué le Professeur Christian Behrendt, on applique le principe ‘tu posséderas comme tu as possédé’. En d'autres termes, une entité, lorsqu'elle devient indépendante, conserve le territoire qu'elle possédait auparavant.

 

Chez nous, les « ponts entre la Wallonie et Bruxelles » qui enjambent la frontière linguistique (BHV – Facilités) rendraient, dans le cas d'une éventuelle scission du pays, l'application du principe ‘tu posséderas comme tu as possédé’ beaucoup plus difficile : les Wallons et Bruxellois pourraient arguer de l'existence de BHV pour atténuer le caractère tranché de la frontière linguistique. Si les parlementaires flamands scindaient BHV et, dans la foulée, éteignaient les facilités, cela reviendrait à supprimer les « ponts entre Wallons et Bruxellois ».

 

Et si la Flandre décidait de devenir indépendante, la frontière linguistique pourrait alors être considérée en droit international comme
une frontière d’Etat. Dans ce cas, toute liaison en droit avec Bruxelles disparaîtrait définitivement. Bruxelles se retrouverait donc enclavée totalement en Flandre. Plus aucun continuum n’existerait entre la Capitale et la Wallonie.

 

Ne nous leurrons pas, c'est bien là que réside l'essentiel du combat : une fois Bruxelles définitivement enclavée au sein du territoire de la Flandre, le dernier obstacle à la scission définitive du pays sera tombé.

 

Derrière ces discussions institutionnelles parfois abstraites, il y a donc un véritable enjeu qui mérite la fermeté de tous les francophones : celui de la sauvegarde de notre pays et le refus de créer de véritables frontières d'Etat qui sépareraient irrémédiablement les Wallons des Bruxellois et isoleraient ces derniers en Flandre.

 

Or, les Wallons comme les Bruxellois ont intérêt à garder une liaison forte entre eux. BHV en est l'une des plus fortes.

 

Voilà, en résumé, le sens du combat de BHV !

 


Informations complémentaires

 

En 1932, le gouvernement décide de tracer la première frontière linguistique. Il impose dans les administrations l’utilisation du flamand en Flandre, du français en Wallonie et des deux langues à Bruxelles, alors composée de 16 communes. En 1932, un premier équilibre avait ainsi été conçu par les dirigeants. La frontière linguistique était modifiable au gré des résultats des recensements linguistiques.

 

Cet équilibre relevait du bon sens. Selon qu’une commune était composée de plus ou moins de Francophones ou de Flamands, elle se serait retrouvée en Wallonie, à Bruxelles ou en Flandre.

 

Une telle approche présentait l’avantage d’être fondée sur des données objectives, à savoir la langue parlée par les citoyens.

 

C’est ainsi qu’après la Seconde Guerre mondiale, le recensement de 1947, dont les résultats n’ont été mis en oeuvre qu’en 1954, a porté le nombre de communes de Bruxelles de 16 à 19 : 3 communes (Ganshoren, Berchem-Sainte-Agathe et Evere) ont ainsi rejoint le territoire bilingue de Bruxelles.

 

Mais depuis lors, les tensions communautaires se sont faites plus vives. Plus aucun recensement n’a pu être organisé, car ceux-ci révélaient la « tache d’huile bruxelloise » (olievlek), à savoir que les communes entourant Bruxelles devenaient de plus en plus francophones.

 

Les rapports de force politiques ont alors supplanté les données objectives. C’est ainsi qu’en 1962, les responsables politiques décidèrent de ne plus permettre à la frontière linguistique de se modifier en fonction des résultats des recensements linguistiques. Elle devenait « définitive ».

 

En contrepartie, des droits furent accordés aux Francophones de plusieurs communes situées le long de la frontière linguistique (dont les 6 périphériques). Ce sont les fameuses facilités, qui permettent notamment aux Francophones de recevoir tous les documents administratifs dans leur langue et de traiter en français avec leur administration communale.

 

BHV fut une fois encore préservé comme arrondissement, constituant un ciment fondamental de notre pays. Il en sera de même lors de la scission, en 1993, de l’ancienne Province de Brabant.

 

A cette époque, la Cour constitutionnelle a d’ailleurs admis le maintien de la circonscription électorale de Bruxelles-Hal-Vilvorde, considérant que cela procédait « d’un choix dicté par le souci d’un compromis global dans le cadre duquel l’indispensable équilibre a été recherché entre les intérêts des différentes communautés et régions au sein de l’Etat belge ».

 

Source

7:28 AM GMT  |  Read comments(0)

Leterme court après BHV

 

La réunion du groupe de pilotage s'est terminée vers 1 heure du matin, en vue de la déclaration du 15 juillet. Les discussions, qui ont porté sur les grandes lignes d’une réforme de l’Etat mais aussi (et surtout) sur le dossier BHV, ont repris ce lundi matin à 11 heures.

 

L'EDITO : L'heure de vérité devra sonner un jour

BELGA/DIRK WAEM 

 

Le socio-économique engrangé, reste le communautaire. Yves Leterme est un peu plus en sécurité depuis que sa majorité s’est entendue sur un programme pluriannuel (jusqu’à 2011) comportant une série de priorités d’ordre social et fiscal, mais peut-être cela ne suffira-t-il pas à faire son bonheur, mardi, au parlement. C’est sa « date-butoir ». Celle à laquelle le Premier ministre doit livrer, à la Chambre puis au Sénat, une nouvelle « déclaration » (gouvernementale) portant sur le socio-économique, mais aussi sur le communautaire, avec deux grands chapitres : l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde, et la réforme de l’Etat, notamment via le transfert de compétences du fédéral aux Régions et Communautés.

 

A ce propos, des contacts « bilatéraux » tous azimuts ont eu lieu ce week-end : Leterme a reçu Di Rupo (PS) vendredi soir, Reynders et Maingain (MR-FDF) samedi midi, Milquet (CDH) l’après-midi, puis Cheron (Ecolo), Vogels (Groen) et Somers (VLD) dimanche. Tout cela avant une réunion plénière, au Lambermont, vers 20 h 30, celle du « groupe de pilotage », réunissant les présidents de partis de l’Heptatus (la majorité + Ecolo et Groen) autour d’Yves Leterme (qui a annulé dimanche son déplacement à Paris, pour le sommet euro-Méditerranée). Thème ? Le communautaire en général, BHV en particulier.

 

Auparavant, les partis flamands avaient pu se réjouir de l’arrêt du conseil d’Etat (chambre flamande…) sur l’application des circulaires Peeters dans les communes à facilités de la périphérie bruxelloise (une information du Standaard, samedi) qui leur donne raison, estimant que seul le gouvernement flamand est compétent pour interpréter la loi linguistique quand il s’agit des convocations électorales. Rappel : les élus francophones contestent la circulaire (Peeters) flamande qui les oblige à envoyer les convocations électorales à tous les citoyens-électeurs en néerlandais.

 

L’arrêt du conseil d’Etat ne clôture pas le dossier. Les francophones contestent la décision, invoquant, notamment, la jurisprudence de la commission permanente de contrôle linguistique. Mais aussi : ces tracasseries pour les francophones de la périphérie sont au centre des discussions de l’Heptatus. Y mettre fin, cela peut être l’un des paramètres d’un accord global sur BHV. Cet accord derrière lequel court toujours le Premier ministre. Lequel s’est fendu d’une nouvelle « note BHV » samedi, qui témoigne de sa volonté d’avancer, même si elle fait l’impasse sur la revendication numéro un des francophones, en contrepartie de la scission de BHV : l’élargissement de Bruxelles. Un négociateur résume la note du Premier : « Peanuts pour les francophones, et tous les dadas flamands ». L’idée de l’élargissement hérisse tellement les partis au nord qu’ils refuseraient même de voir l’idée citée dans la « déclaration » du Premier comme l’une des demandes francophones… Yves Leterme travaillerait donc plutôt à leur « offrir » des droits (électoraux, administratifs et culturels) renforcés. Mais seulement dans les six communes à facilités. Les Flamands n’auraient ainsi plus à craindre l’extension de la « tache d’huile francophone ». Autre piste ré-explorée par le Premier : la communauté urbaine. Qui permet d’ouvrir les frontières de Bruxelles sans rogner le moindre centimètre carré de sol flamand.

 

Après l’accord sur le socio-économique, la « clé » du succès réside, plus que jamais, pour Leterme dans le cartel CD&V/N-VA. Côté francophone, on ne fait pas mystère de sa satisfaction : l’accord de samedi est jugé suffisant pour continuer. Le VLD se montrerait moins intransigeant que le cartel sur le plan communautaire. L’enthousiasme avec lequel les libéraux flamands ont salué « un accord teinté de bleu » en est un signe.

 

DAVID COPPI ET VERONIQUE LAMQUIN

 

Leterme court après BHV - lesoir.be

7:08 AM GMT  |  Read comments(0)

July 13

Le Conseil d’Etat avalise la circulaire Peeters - lesoir.be

 

La circulaire Peeters est la seule interprétation exacte de la loi linguistique pour les communes à facilités, estime le Conseil d'Etat. L'information, publiée samedi dans De Standaard, pèsera dans les négociations en cours.

Le Conseil d’Etat avalise la circulaire Peeters

Francois van Hoobrouck d’Aspre, bourgmestre de Wezembeek. Photo Dewez

 

Wezembeek-Oppem, une commune flamande à facilités pour les francophones, a envoyé des convocations électorales pour les élections de 2003 aux habitants qu’elle supposait francophones. Le gouvernement flamand s’est vigoureusement opposé à cette pratique, estimant qu’une commune flamande à facilités ne peut envoyer des courriers en français que si, une fois les lettres envoyées en flamand, un habitant demande expressément une traduction française. C’est ce qu’indique la circulaire Peeters-Martens.

 

La commune de Wezembeek-Oppem a alors porté l’affaire devant le Conseil d’Etat qui l’a déboutée.

 

L’arrêt indique que seul le gouvernement flamand est compétent pour interpréter la loi linguistique en ce point et que l’interprétation donnée par celui-ci concorde avec la loi. Le Conseil d’Etat estime qu’aucune autre interprétation ne peut valoir à part celle-là. L’interprétation avancée par la commune de Wezembeek-Oppem reviendrait à reconnaître le bilinguisme de la commune, ce que le législateur n’a expressément pas voulu faire, a souligné le Conseil. L’arrêt limite les marges de négociation dont pensaient disposer certains négociateurs communautaires ce week-end et renforce la position du gouvernement flamand qui refuse de nommer trois bourgmestres ayant envoyé des convocations électorales en français.

 

« Seul l’élargissement permettra l’apaisement »

Après l'arrêt rendu par le Conseil d'Etat à propos de la commune de Wezembeek-Oppen, les mandataires FDF de périphérie rappellent que seul le rattachement des communes périphériques à la région bruxelloise sera garant du respect des droits des populations de ces communes et, dès lors, de l'apaisement communautaire. Ils soulignent aussi que l'arrêt a été rendu par une chambre flamande dont ils dénoncent le "parti-pris".

 

Le Conseil d’Etat avalise la circulaire Peeters - lesoir.be

7:11 AM GMT  |  Read comments(0)

July 11

Fiche - Elargissement de la Région bruxelloise

 

Les ‘communes à facilité’ sur le territoire flamand seraient englobées dans la Région bruxelloise.

 

Communes à facilité (% de francophones): Wezembeek-Oppem (75%), Crainhem (76%), Drogenbos (75%), Linkebeek (80%), Rhode-St-Genèse (56%) et Wemmel. 

 

Position de la classe politique flamande: NON

 

TABOU
ONBESPREEKBAAR (non-négociable)

 

Proposition francophone

 

Arguments

 

Couloir reliant Bruxelles à la Wallonie. Dans l’optique d’un éventuel éclatement du pays, les francophones veulent voir Bruxelles relié géographiquement à la Wallonie. Actuellement, Bruxelles est totalement englobé en territoire flamand (voir carte).

 

Autonomie financière de Bruxelles. Le revenu par habitant des communes périphériques est largement supérieur à celui des communes bruxelloises. Contrairement à de nombreuses capitales, les plus riches habitent en périphérie de Bruxelles. La capitale pourrait remplir ses caisses avec des impôts qui vont actuellement dans les caisses de la Flandre.

 

Problème des facilités à accorder aux francophones des communes périphériques disparaissent. Ces communes se retrouvant dans Bruxelles, région bilingue.

 

Les Flamands devraient se réjouir. Avec l’arrivée des communes à facilité dans la Région bruxelloise, le nombre de Flamands y augmentera fortement. Les mesures de discrimination positive ne seront plus nécessaires.

 

Position du MR: Bruxelles, une communauté urbaine jusqu'à 47 communes

 

RTL Info -- Fiche - Elargissement de la Région bruxelloise

 

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7:30 AM GMT  |  Read comments(0)

Feu vert au Wooncode

 

Le code du Logement peut être appliqué en Flandre. Les communes à facilités de la périphérie y échappent.

Feu vert au Wooncode

Marino Keulen peut sourire : son Wooncode n’est pas torpillé. Mais il n’est pas applicable partout. © dominique duchesnes.

 

Epinglé en avril par le Comité contre la discrimination raciale des Nations unies, le Wooncode, le fameux code du Logement initié par Marino Keulen (VLD) et qui conditionne, au Nord du pays, l’accès à un logement social à la fréquentation d’un cours de néerlandais, était aussi dans le collimateur de la Communauté française.

 

Son recours en annulation a été rejeté jeudi par la Cour constitutionnelle. Toutefois, la Cour précise que « l’obligation d’avoir la volonté d’apprendre le néerlandais » et les sanctions qui s’y attachent ne s’appliquent pas aux candidats locataires et aux locataires d’un logement social situé dans les communes de la périphérie bruxelloise qui entendent bénéficier des facilités linguistiques.

 

L’arrêt de la Cour constitutionnelle réjouit à la fois Marino Keulen et le ministre-président de la Communauté française, Rudy Demotte. Le premier a convoqué la presse pour faire part de sa « très grande satisfaction ». « Les hommes politiques francophones ont usé de tous les moyens en leur possession pour s’en prendre à ce code du Logement. Il apparaît désormais que leurs plaintes n’étaient pas fondées », se réjouit le ministre flamand du Logement, qui prie donc les francophones de se plier à cet arrêt. Demande amplifiée par la N-VA de Bart De Wever qui enjoint « à chacun dans ce pays de mettre fin aux réactions hystériques à cette mesure positive du gouvernement flamand ». Rudy Demotte, pour sa part, fait observer que l’arrêt établit que, dans les communes à facilités, il ne pourra être imposé aux candidats à l’obtention d’un logement social la connaissance du néerlandais ou la volonté de l’apprendre. « La Cour Constitutionnelle réaffirme ainsi le statut spécial des communes à facilités. Une telle consécration par la Cour Constitutionnelle est extrêmement précieuse et rassurante pour les francophones de la périphérie », se réjouit le ministre-président francophone, en soulignant, à propos des facilités que « leur pérennité s’est ainsi vue largement confortée.

»

 

Après cet obstacle, le Wooncode devra encore franchir celui de l’avis définitif de la Commission européenne. Un écueil qui n’inquiète guère Marino Keulen : il rappelle que la Commission attendait l’arrêt de la Cour constitutionnelle avant de trancher. « Il ne devrait donc pas y avoir de surprises », précise le ministre VLD. Qui tempère le passage de l’arrêt sur les communes à facilités : « Sur les 140.000 logements sociaux de Flandre, seuls 1.613 se situent dans les six communes à facilités ».

 

Feu vert au Wooncode - lesoir.be

 



7:16 AM GMT  |  Read comments(0)

July 10

Vos négociations sur RTLInfo.be

 

 

À quelques jours de la date fatidique du 15 juillet, nous avons décidé de lancer des négociations virtuelles sur RTLInfo.be. La première phase s'est achevée à 16h, au bout de 520 commentaires en 24 heures. Notre rédaction va maintenant sélectionner les huit participants (un à deux par parti) les plus motivés. Ils poursuivront les négociations ce week-end pour déboucher sur une proposition francophone à faire à la Flandre, pour lundi à midi, dernier délai.

 

Vous ne pourrez pas participer directement à leurs négociations mais vous pourrez discuter avec eux sur des pages créées spécialement à cet effet. Les négociations des huit sélectionnés se dérouleront au cours de plusieurs tranches de deux heures, de vendredi soir à lundi midi. Les horaires de ces tranches seront communiquées vers 18h. 

 

Une quinzaine de personnes motivées a retenu l'attention de notre rédaction qui a résumé leurs positions dans un document. Voici la liste actuelle des présélectionnés. C'est dans cette liste que nous choisirons les huit négociateurs finaux. 

 

Maxim (MR) /Christophe (MR) / Maff (MR) / mr (MR) / Vieri8 (MR) / Suzanne (cdh) / Ben (Ecolo) / RobinDubois (non précisé) / Adri88 (Ecolo) / jc (Ecolo) / Nico (cdh) / Yves (Open VLD) / guy de Namur (cdh) / Frederic (MR) / Guylou (non précisé) / Sky59 (MR) / J (non précisé)/ Tchounette (MR)/ Amaury de Bergijk (PS)

 

> Consultez et soutenez d'ores et déjà les propositions des présélectionnés en vue de la sélection finale

 

Vos négociations sur RTLInfo: comment ça se passe?

 

Vous qui, tous les jours, commentez avec passion nos articles consacrés à la politique, vous allez désormais négocier entre vous et vous accordez sur la meilleure proposition possible à faire aux Flamands pour arriver à un accord. Peut-être cela inspirera-t-il nos hommes politiques qui pataugent toujours à 4 jours de la date fatidique du 15 juillet.

 

Cet article constitue votre première table des négociations entre francophones. Vous avez un objectif : vous mettre d’accord sur une proposition francophone à faire aux Flamands. Pour cela, vous utilisez l’espace ‘Commentaires » en bas de l’article. Vous postez vos commentaires sous un pseudo qui se termine par les initiales du parti politique dont vous vous sentez le plus proche (cdh, mr, ps, ecolo).

 

Ensuite, vous commentez et cherchez à convaincre. Vous avez jusqu’à vendredi 19h pour discuter. Ensuite, NOUS CHOISIRONS PARMI VOUS LES HUIT MEILLEURS NEGOCIATEURS (deux par parti). Ceux-ci poursuivront les négociations jusqu’au lundi à midi.

 

La dernière phase de négociations débutera à lundi 15h (24h chrono avant le discours de Leterme) entre nos huit négociateurs et des négociateurs issus d'un site d'actualité flamand. Cette dernière phase ne se déroulera que si vous aurez été suffisamment nombreux à participer à cette expérience.

 

Si vous voulez plus d'explications sur comment vos négociations se passeront, c'est par ici>

 

Voici maintenant résumée très brièvement la situation. L’article sera enrichi en permanence de liens renvoyant vers des explications. Nous y mettrons aussi de fréquents résumés des tendances de vos négociations. 

 

Conseil: gardez à l'esprit cette phrase de Armand de Decker, le président du Sénat: "Trouver une solution équilibrée si chacun manifeste du respect pour l'autre et si chaque communauté fait un concession importante".

 

Wallonie : 16844 km2 – 3.435.879 hab. (202 hab/km2) – PIB/habitant : 20670 euros
Flandre : 13522 km2 – 6.117.440 hab. (442 hab/km2) – PIB/habitant : 28241 euros
Bruxelles : 161,4 km2 – 1070841 hab. (6635 hab/km2) – PIB/habitant : 56104 euros

 

La Belgique : différences majeures au sein de la classe politique belge

 

  Flamands Francophones
Etat confédéral fédéral
Sécurité sociale régionale fédérale
Fiscalité régionale fédérale
BHV Scission Scission si élargissement BXL
Bruxelles Cogestion Elargissement contre scission de BHV

 

 

PRINCIPAUX POINTS À RESOUDRE

 

Scission BHV
Bruxelles-Hal-Vilvorde est un arrondissement électoral englobant territoire de la Région bruxelloise et territoire flamand. Conséquence : les francophones qui habitent dans le territoire flamand de cet arrondissement peuvent voter pour des partis francophones. Les Flamands veulent que l’arrondissement soit scindé. Les francophones acceptent la scission si les Flamands acceptent l’élargissement de la Région bruxelloise.

 

Elargissement de la région bruxelloise aux 6 communes à facilité
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Financement des Régions
Les Flamands souhaiteraient que l’impôt (IPP ou Impôt sur les personnes physiques, mais aussi l’impôt des sociétés) soit perçu par les Régions et non plus par l’Etat (proposition CD&V). Les francophones seraient largement perdants.
Les francophones proposent que le financement des Régions se fassent par dotation comme c’est déjà le cas pour les Communautés mais en tenant mieux compte de la population jeune de chaque Région. Cette fois, les francophones seraient gagnants. Pourquoi ?
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Régionalisation des compétences

 

Emploi: les Flamands souhaitent le régionaliser plus, notamment le contrôle des chômeurs, les prépensions,…
Argument: la situation de l'emploi n'est pas la même au Nord et au Sud. Il faut des politiques adaptées.

 

Sécurité sociale: les Flamands souhaitent la régionaliser partiellement. Côté francophones, c'est 'On ne touche pas à la Sécu'

 

Les compétences actuelles de la Région wallonne

 

Prendre du recul

 

La crise entre Flamands et wallons vue d'Allemagne (un article du journal Zeit de novembre 2007)

 

Etat d'esprit et vécu

 

La pratique du néerlandais par les francophones de la périphérie

 

A contre-courant

 

Pourquoi certains Flamands ne veulent pas de la scission de BHV

 

RTL Info -- Vos négociations sur RTLInfo.be: découvrez les 8 négociateurs à 17h

 

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8:41 AM GMT  |  Read comments(0)

Daniel Ducarme prépare la « Belgique française »

 

Le pays au feu, les « think tank » au milieu : c'est bien le moment de réfléchir intensément à l'avenir de la Belgique.

 

Belga

 

Il est moins une. « Énergie réformatrice » s'y emploie, avec une certaine obstination. Celle de son chef de file, Daniel Ducarme, ex-président-fondateur du Mouvement réformateur, président actuellement du « MRInternational », membre du Conseil de l'Europe, délégué à l'Union de l'Europe occidentale. Une carte de visite. Et un vent favorable : qui dépose en nos mains cette « note confidentielle » adressée aux « membres d'Énergie réformatrice », datée du « 2 juillet 2008 ».

 

Entre fiction et anticipation : un plan tout prêt pour les francophones en cas de rupture avec la Flandre, celui de la « Belgique française » en France…

 

L'idée tarabuste Daniel Ducarme depuis quelques mois. Nous en avions fait état. Cette fois, le libéral-réformateur passe à l'acte : avec un groupe de juristes, belges et français, il a rédigé une « loi organique » composée de 132 articles constitutifs d'un « statut d'autonomie de la Belgique française », entendue comme une « collectivité territoriale autonome au sein de la République ». Un statut qui serait adopté par notre parlement de la Communauté française et par l'assemblée nationale dans l'Hexagone.

 

Le dispositif législatif prévoit (article 1) que « la Belgique française comprend la Région wallonne, la Région de Bruxelles-Capitale, les communes de l'arrondissement de Hal-Vilvorde, et des provinces flamandes dont la population a décidé, par référendum, de rejoindre la Belgique française », laquelle (article 2) « détermine librement les signes distinctifs permettant de marquer sa personnalité dans les manifestations publiques officielles aux côtés de l'emblème national et des signes de la République ». Qui est compétente désormais (article 14) en termes de nationalité, politique étrangère, entrée et séjour des étrangers, monnaie…

 

Territoire autonome, un peu à la manière de la Polynésie, la « Belgique française » garde certaines prérogatives, en matière d'enseignement universitaire et de recherche par exemple (article 37), comme (article 25) celle de « maintenir ou créer des entreprises de production et de diffusion d'émissions audiovisuelles ». RTBF et RTL-TVi sont sauves.

 

Sous l'autorité (protocolaire) du Roi, la « Belgique française » est dotée d'un « gouvernement » et d'un « président » (articles 55 et suivants) désigné au scrutin secret par l'« assemblée de la Belgique française » composée de « 123 élus pour 5 ans, dont 75 de la Région wallonne, 33 de la Région de Bruxelles-Capitale (y compris des Flamands, NDLR) élargie aux communes rattachées des arrondissements de Hal-Vilvorde et 15 pour la Région germanophone », élus (article 94) « au scrutin de liste à un tour », et dont les actes législatifs se dénommeront (article 106) « lois du pays ». Les Régions demeurent, comme des émanations de la Belgique française.

 

Contacté, Ducarme défend son texte : « C'est vrai, on a travaillé sur cette hypothèse, la plus éloignée de la situation actuelle, celle de la Belgique fédérale, pour pouvoir vivre éventuellement des stades intermédiaires. » Comme celui d'une « Belgique française » logée dans un premier temps dans une sorte d'État Belgique confédéral. Mais le libéral ramène à sa « loi organique » acquise à l'option France : « Notez que notre projet contient une leçon de tolérance : son article 52 prévoit que le français est la langue officielle chez nous, mais que la langue flamande est un élément fondamental de l'identité de Bruxelles, reconnue et devant être préservée, afin de garantir la diversité culturelle qui fait la richesse de la Belgique… »

 

Une enquête rendue publique récemment (Le Soir du 21 juin) indiquait que 29 % des Wallons ne sont pas insensibles à l'idée d'un rapprochement avec la France. Daniel Ducarme dit « chiche », et nuance : « Attention, ne dites pas rattachement ; ici, la Belgique française est toute à négocier, selon les intérêts mutuels, les nôtres et ceux de la France. »

 

Pur plan sur la comète ? Sauf que, comme ça va, le micmac au fédéral et le raidissement ultra des partis flamands pourraient faire le reste.

 

Daniel Ducarme prépare la « Belgique française » - lesoir.be

 

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July 09

José Happaratchik en République de Flandre

 

Avertissement: cette histoire est fictive, bien que basée sur des faits réels et d’autres probables.


Les tribulations de José Happaratchik en République de Flandre

 

Dans les bureaux bruxellois de CNN, John Mc Mahon tirait tranquillement sur sa cigarette. John, qui pensait que ce poste à Bruxelles était une bonne opportunité de carrière, se rendait bien compte de la médiocrité ambiante dans laquelle la composition du nouveau gouvernement belge était entrain de sombrer.
Le « Gordel » (qu’il appelait d’ailleurs « Bordel », avec un accent américain inimitable), venait tout juste de se terminer. La formation du gouvernement fédéral piétinait. A la table des négociations, Didier Reynders mettait dorénavant un nœud papillon, histoire de faire monter la pression sur les négociateurs flamands. John contemplait le spectacle comme on contemple un bocal de poissons.
Quand il reçu un email l’invitant place des Martyrs, l’après-midi même, à la proclamation de l’indépendance de la Flandre, il empoigna son téléphone et composa le numéro de Dirk Janssen, l’attaché de presse du cabinet de Kris Peeters, qu’il apostropha d’un ton très relax:

 

« Dites les guignols, vous nous avez déjà fait le coup sur la RTBF : la fausse news de l’indépendance de la Flandre, ca ne passe plus. Nous sommes une agence sérieuse.»
Stupéfait, Dirk Janssen s’offusqua avec tellement d’insistance que John Mc Mahon fini par se rendre à l’évidence : cette-fois, c’était la bonne !

 

La place des Martyrs était noire de monde. Les caméras du monde entier retransmettaient la séance solennelle au cours de laquelle la Flandre allait devenir une des nations les plus riches du monde. Devant les micros de France Inter, Mustapha Abu Sayaf, le seul élu arabe du Vlaams Belang, expliquait avec suffisance, dans un français impeccable, que les arabes de Borgerhout en avaient marre de devoir partager leurs allocations avec les congolais de Wallonie, et que l’indépendance leur rapportera beaucoup de bien-être supplémentaire.

 

La tension était à son comble. Tous les futurs ex-Belges étaient vissés devant leur télévision. Soudain, les événements s’enchainèrent: Kris Peeters, au nom de l’auto-détermination des peuples, proclama l’indépendance dans un silence solennel. Yves Leterne allait entonner le « Vlaams Leeuw » qui devait être repris par toute l’assistance. Las pour lui, il se trompa et entama « L’Internationale Socialiste ». L’émotion, probablement. Aux places d’honneurs, c’était la consternation. Les flamands, atterrés, se demandait qui pouvait donc bien être cet ahuri. Devant toutes les télévisions de Wallonie, le fou rire était général. Bart De Wever repris le flambeau, et tout rentra dans l’ordre. Au cocktail qui s’ensuivit, l’autosatisfaction était générale. Les éditorialistes flamands ne parlaient même pas de la bévue de celui que les wallons appelaient « Leterminator ».
Avachi devant sa télévision à écran plasma, Albert II, de sa main tremblante, appuya rageusement sur la télécommande.
« Ah, les enculés ! », lâcha t’il.

 

Toujours tenu au devoir de réserve en public, il pouvait encore laisser parler son cœur en privé. Sa vengeance serait terrible jura t’il, mais il fallait agir vite, avant que la constitution flamande ne soit signée, pour profiter de ses dernières heures comme chef de l’état Belge. Dans les heures qui suivirent, il passa un Décret Royal rétablissant le « droit de cuissage ». Enfouies dans les tréfonds de la constitution, ces quelques lignes, auxquels personnes n’avait jamais prêtées attention (l’institutionnel et le communautaire avec une visibilité bien plus importante), allaient lui permettre de régner une dernière fois. Il fit convoquer les femmes de Bart De Wever, Filip De Winter et Yves Leterne. Las, quand on lui amena les personnes quémandées, il se rendit compte de son erreur et se ravisa, dépité.
Apres une nuit bien trop courte, Bart De Wever se leva avec difficultés. Il alluma sa télévision afin de prendre connaissances des nouvelles du coté francophone. Plaisir chétif, certes, mais quelle jubilation que d’entendre les réactions ennemies ! Il fut plutôt surpris par les premières paroles qui émanaient de son poste:
« J’ai rendez-vous avec l’histoire ».

 

Il reconnu immédiatement José Happaratchik, le bourgmestre francophone de Rhodes Ste Genèse. Elu le plus démocratiquement du monde, José Happaratchik était le seul bourgmestre de Flandre qui ne parlait pas un traitre mot de Néérlandais. Il était flanqué de 2 de ses plus fidèles comparses : le français José Bovidé (un gauchiste pur jus, célèbre pour avoir « démonté » un Mc Donald) - et la hutoise Anne-Marie Lisier (une vraie virago, toujour